La charte

Apporter son vin au restaurant repose sur une confiance réciproque. La charte dit exactement ce que chacun s’engage à faire — vous, et le restaurant qui vous accueille.

Ce à quoi vous vous engagez

C’est la case que vous cochez en réservant, et elle tient en un paragraphe :

Je m’engage à apporter un vin que je déclare honnêtement : certifié agriculture biologique (AB), Demeter ou Biodyvin (bouchon nominal), ou autre vin (bouchon majoré selon la grille du restaurant). Une bouteille de 75 cl pour deux convives au maximum, un magnum comptant pour quatre. Le restaurant assure le service — verres, ouverture, température — et applique le droit de bouchon correspondant à mon vin et à la formule choisie. En cas de divergence entre ma déclaration et l’étiquette, le tarif applicable est celui du vin effectivement apporté.

Les trois labels au tarif nominal

AB et Eurofeuille (agriculture biologique européenne), Demeter et Biodyvin (biodynamie). L’étiquette fait foi : ce qui est écrit dessus suffit, aucun justificatif à produire.

HVE n’est pas retenu, et nous l’assumons publiquement : Haute Valeur Environnementale est une certification d’exploitation qui n’interdit pas les pesticides de synthèse. C’est un progrès pour beaucoup de domaines, ce n’est pas un cahier des charges bio. Les confondre reviendrait à vendre du flou.

Les vins nature sans certification passent au tarif non bio. Ce n’est pas un jugement de qualité — beaucoup sont remarquables et vinifiés par des vignerons plus exigeants que la moyenne des certifiés. C’est une question de preuve : sans label, un restaurateur n’a aucun moyen de vérifier. Un vin nature certifié AB est, lui, au tarif nominal.

Pourquoi un tarif différent, et pas un refus

Un vin non certifié est accepté. Son droit de bouchon est simplement doublé, et il ne bénéficie pas des formules à bouchon offert. Deux raisons à ce choix.

La première est pratique : personne ne doit renoncer à une table parce que la seule bonne bouteille de sa cave n’a pas la petite feuille verte. La seconde est une question de méthode : un signal prix orienté vaut mieux qu’une police du vin. Le bio reste toujours l’option la plus avantageuse, sans que quiconque ait à contrôler quoi que ce soit à l’entrée.

Et il y a une raison de fond. Un vin issu de vigne cultivée sans herbicide, c’est un sol qui reste vivant, des vers de terre qui travaillent, de l’eau qui s’infiltre au lieu de ruisseler, et des vignerons qui ne pulvérisent pas ce qu’ils respirent. Mettre ces bouteilles au meilleur tarif, c’est la seule forme de militantisme qui tient à table : elle passe par le plaisir et par l’addition, pas par le sermon.

Ce à quoi le restaurant s’engage

  • Répondre sous quatre heures à une demande de réservation.
  • Honorer toute réservation qu’il a confirmée.
  • Servir le vin apporté dans les règles de l’art : verres adaptés, ouverture, température de service. Votre bouteille n’est pas tolérée dans un coin, elle est servie.
  • Afficher son droit de bouchon et appliquer le tarif correspondant au vin effectivement apporté — ni plus, ni autre chose.
  • Cuisiner sur place. C’est une condition d’entrée dans le réseau, pas un supplément d’âme.

Le restaurant conserve un droit de refus pour un vin manifestement impropre — bouteille ouverte depuis la veille, vin bouchonné, bag-in-box. C’est l’assurance ultime, pas la règle du jeu : le cas courant se règle par le tarif.

Une bouteille pour deux

75 cl pour deux convives, un magnum comptant pour quatre. Ce plafond n’est pas une contrainte administrative : c’est la quantité au-delà de laquelle on ne déguste plus, on boit. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.